<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><link>http://groupe.fan-de-kubrick.gayattitude.com/</link><title>fan de Kubrick</title><description>fan de Kubrick</description><dc:language>fr</dc:language><dc:rights>Copyright 2008</dc:rights><dc:date>2008-01-18T08:20:22+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><admin:errorReportsTo rdf:resource="mailto:webmaster@gayattitude.com"/><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase><item><title>[le-dandy] En ce moment (05 novembre 2007)</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20071105110418/en-ce-moment-05-novembre-2007/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20071105110418/en-ce-moment-05-novembre-2007/</guid><description>J'écoute le temps qui passe : c est un fleuve silencieux
Je regarde dans le vide
Je lis : 
- Bernard Werber - Nous les Dieux (c est du Werber quoi... pas de la grande littérature mais ça passe le tps dans les transports en commun)
- Michel Antoine - Louis XV (oui je me les fais tous ! ^^)
Je ne joue pas : je suis fatigué
Je mange peu mais bon
Je bois trop, bcp trop, bcp bcp trop ^^
Je cite Sathya Sai Baba : 
&quot;L'amour est vide d'ego L'ego est vide d'amour&quot;
Je pense que j'ai besoin de changer d air
Je rêve : 
ce soir ils passent Barry Lindon à Arte. Est ce pour cela? J'ai rêvé de lui.. 
Oui, lui : il était là, face à moi, à la lueur des bougies qui irisaient la douce pénombre. La nuit était douce et on riait autour de nous. Nous jouions aux cartes. Dans un coin, un homme avait tombé la veste et lutinait une jeune fille aux balconnets plus qu'avantageux. Une vaste cheminée avec un massacre impressionnant au dessus. Aux murs, des Watteau, des Fragonard. Dans une pièce à coté, des voix, des rires et un petit air de clavecin. Sans rien demander, nos verres ne désemplissaient pas, continuellement remplis par des serviteurs négrillons. 
Nous jouions au Pharaon. A ma droite, une douairière à mouche faisait battre son éventail de soie. A ma gauche, un homme d'age certain regardait par dessus ses bésicles, se mouchant parfois dans un petit mouchoir de soie, après avoir prisé. Dans ma diagonale, un jeune homme sur de lui, le vêtement paré de boutons étincelant, fanfaronnait devant les mises amassées. Le Banquier de la partie, dans la diagonale de droite : un personnage falot.
Face à moi, T.! T. Magnifique et sa belle chevelure, concentré sur son jeu, me jetait régulièrement des coups d oeil, yeux dans les yeux, la prunelle vive. 
En un coup, sur de son jeu, fort de cet audace qui sied tant aux timides, T. empocha le tapis, face au jeune godelureau, qui pesta immédiatement. Il manqua de renverser la table et les verres en se levant, provoquant le silence immédiat de l'assistance. Déclarant que mon ténébreux avait triché, il se dressa et était prêt à en venir au x mains. Le banquier l'en retint, me laissant le temps de m'interposer et de toiser le jeune impudent.
« - Pas ici, pas chez moi, monsieur, car on n'importune pas mes invités, dans un lieu où règnent calme et félicité. On m'avait prévenu de votre caractère bouillant, mais je vous avais invité par les bonnes grâces d'Hermine de … Vous avez eu l'outrecuidance de reconduire ici même le même manège, visant à nous pourrir l'amusement.
- Monsieur, vous m'offensez : demain sur le pré. Votre arme sera mienne
- Paltoquet que vous êtes, moi jamais et je vous ferai plutôt battre par mes valets. Maintenant, déguerpissez »
Se mordant la lèvre, il jeta son regard de T. à moi. Il voulut parler mais il manqua de bégayer et serrant les poings, il partit rageusement, bousculant un valet de ma suite.
« Que la fête reprenne !!! »
Ce qui fut fait. Je partis dans la pièce où était dressé le buffet. Croquant quelques grains de raisin, T. m'y rejoignit et posant sa main sur mon épaule, me remercia, avouant s'être trouvé dépourvu face à cette violence soudaine.
Dans la foulée, il me remercia aussi de l'avoir invité, alors que nous nous connaissions à peine. 
« - Mon cher, c'est tout naturel, vous m'avez plu un jour ; je ne m'en cache pas : mes amis et gens de ma suite le savent. De plus, cela a eu l'heur d'être réciproque »
Il rougit et baissa les yeux. Devant son trouble : 
« Allons, suivez moi »
Nous passâmes sur la terrasse où je reconnus Laure d'H. se faisant copieusement embrasser dans le cou par un gentleman que je ne reconnus pas. Et puis, la belle affaire… Nous descendîmes les degrés de pierre, passant à côté du Jardin d'hiver. Je fouillais dans ma poche, en sortit la clé et nous entrâmes. 
Il me suivit, ne sachant que faire mais je le sentais curieux et fébrile. A peine entré, je me retournais et nous nous embrassâmes longuement. Je sentis son souffle dans ma bouche. Parfum enivrant de son cou, au travers la fine soie de son col, tandis que je défaisais sa cravate. Ses mains frôlant mes côtes, les caressant doucement, il vint caler sa tête dans le creux de mon cou, soupirant d'aise.
« Alors mon doux chevalier… Etait-ce dur ? Suis-je un monstre ?
- Non mais j'ai pris peur et la peur fait faire des bêtises : elle ne rend pas intelligent. J'avais tant envie de te… 
- Chut, dis je en posant un doigt sur ses lèvres : tu y es à présent
- Mais, qu'en dira-t-on ? que feront…
- Laisse faire, laisse vivre : c'est la splendeur des forts.
- Tout paraît si simple, dit comme ça…
Il soupira à nouveau d'aise, tendit sa bouche vers moi, ses yeux me pénétrant : il avait baissé toute défense, mis en retraite toute peur.
Je l'attirai vers un canapé de tissu vert tilleul : il sourit comme un enfant qu'il avait osé redevenir. Je lui rendis son sourire.
Je m'allongeai, il suivit le mouvement, continuant de me dévorer de baisers. Je ne fus pas avare dans ce duel sensuel, son corps contre le mien. Mes mains fouillaient sa poitrine chaude, caressaient sa peau veloutée.
La nuit ne faisait que commencer à nous appartenir…

Les souvenirs de ce rêve (mal rendu, j'en suis navré) s'arrêtent là. Le reste est du ressort des sensations, d'un ressenti au sein d'un sommeil assez apaisé. Comme si j'avais été heureux de le retrouver dans ce songe…
Un songe, hélas un songe…
Quand te reverrai je mon ténébreux comte ?


</description><content:encoded><![CDATA[J'écoute le temps qui passe : c est un fleuve silencieux<br />
Je regarde dans le vide<br />
Je lis : <br />
- Bernard Werber - Nous les Dieux (c est du Werber quoi... pas de la grande littérature mais ça passe le tps dans les transports en commun)<br />
- Michel Antoine - Louis XV (oui je me les fais tous ! ^^)<br />
Je ne joue pas : je suis fatigué<br />
Je mange peu mais bon<br />
Je bois trop, bcp trop, bcp bcp trop ^^<br />
Je cite Sathya Sai Baba : <br />
"L'amour est vide d'ego L'ego est vide d'amour"<br />
Je pense que j'ai besoin de changer d air<br />
Je rêve : <br />
ce soir ils passent Barry Lindon à Arte. Est ce pour cela? J'ai rêvé de lui.. <br />
Oui, lui : il était là, face à moi, à la lueur des bougies qui irisaient la douce pénombre. La nuit était douce et on riait autour de nous. Nous jouions aux cartes. Dans un coin, un homme avait tombé la veste et lutinait une jeune fille aux balconnets plus qu'avantageux. Une vaste cheminée avec un massacre impressionnant au dessus. Aux murs, des Watteau, des Fragonard. Dans une pièce à coté, des voix, des rires et un petit air de clavecin. Sans rien demander, nos verres ne désemplissaient pas, continuellement remplis par des serviteurs négrillons. <br />
Nous jouions au Pharaon. A ma droite, une douairière à mouche faisait battre son éventail de soie. A ma gauche, un homme d'age certain regardait par dessus ses bésicles, se mouchant parfois dans un petit mouchoir de soie, après avoir prisé. Dans ma diagonale, un jeune homme sur de lui, le vêtement paré de boutons étincelant, fanfaronnait devant les mises amassées. Le Banquier de la partie, dans la diagonale de droite : un personnage falot.<br />
Face à moi, T.! T. Magnifique et sa belle chevelure, concentré sur son jeu, me jetait régulièrement des coups d oeil, yeux dans les yeux, la prunelle vive. <br />
En un coup, sur de son jeu, fort de cet audace qui sied tant aux timides, T. empocha le tapis, face au jeune godelureau, qui pesta immédiatement. Il manqua de renverser la table et les verres en se levant, provoquant le silence immédiat de l’assistance. Déclarant que mon ténébreux avait triché, il se dressa et était prêt à en venir au x mains. Le banquier l’en retint, me laissant le temps de m’interposer et de toiser le jeune impudent.<br />
« - Pas ici, pas chez moi, monsieur, car on n’importune pas mes invités, dans un lieu où règnent calme et félicité. On m’avait prévenu de votre caractère bouillant, mais je vous avais invité par les bonnes grâces d’Hermine de … Vous avez eu l’outrecuidance de reconduire ici même le même manège, visant à nous pourrir l’amusement.<br />
- Monsieur, vous m’offensez : demain sur le pré. Votre arme sera mienne<br />
- Paltoquet que vous êtes, moi jamais et je vous ferai plutôt battre par mes valets. Maintenant, déguerpissez »<br />
Se mordant la lèvre, il jeta son regard de T. à moi. Il voulut parler mais il manqua de bégayer et serrant les poings, il partit rageusement, bousculant un valet de ma suite.<br />
« Que la fête reprenne !!! »<br />
Ce qui fut fait. Je partis dans la pièce où était dressé le buffet. Croquant quelques grains de raisin, T. m’y rejoignit et posant sa main sur mon épaule, me remercia, avouant s’être trouvé dépourvu face à cette violence soudaine.<br />
Dans la foulée, il me remercia aussi de l’avoir invité, alors que nous nous connaissions à peine. <br />
« - Mon cher, c’est tout naturel, vous m’avez plu un jour ; je ne m’en cache pas : mes amis et gens de ma suite le savent. De plus, cela a eu l’heur d’être réciproque »<br />
Il rougit et baissa les yeux. Devant son trouble : <br />
« Allons, suivez moi »<br />
Nous passâmes sur la terrasse où je reconnus Laure d’H. se faisant copieusement embrasser dans le cou par un gentleman que je ne reconnus pas. Et puis, la belle affaire… Nous descendîmes les degrés de pierre, passant à côté du Jardin d’hiver. Je fouillais dans ma poche, en sortit la clé et nous entrâmes. <br />
Il me suivit, ne sachant que faire mais je le sentais curieux et fébrile. A peine entré, je me retournais et nous nous embrassâmes longuement. Je sentis son souffle dans ma bouche. Parfum enivrant de son cou, au travers la fine soie de son col, tandis que je défaisais sa cravate. Ses mains frôlant mes côtes, les caressant doucement, il vint caler sa tête dans le creux de mon cou, soupirant d’aise.<br />
« Alors mon doux chevalier… Etait-ce dur ? Suis-je un monstre ?<br />
- Non mais j’ai pris peur et la peur fait faire des bêtises : elle ne rend pas intelligent. J’avais tant envie de te… <br />
- Chut, dis je en posant un doigt sur ses lèvres : tu y es à présent<br />
- Mais, qu’en dira-t-on ? que feront…<br />
- Laisse faire, laisse vivre : c’est la splendeur des forts.<br />
- Tout paraît si simple, dit comme ça…<br />
Il soupira à nouveau d’aise, tendit sa bouche vers moi, ses yeux me pénétrant : il avait baissé toute défense, mis en retraite toute peur.<br />
Je l’attirai vers un canapé de tissu vert tilleul : il sourit comme un enfant qu’il avait osé redevenir. Je lui rendis son sourire.<br />
Je m’allongeai, il suivit le mouvement, continuant de me dévorer de baisers. Je ne fus pas avare dans ce duel sensuel, son corps contre le mien. Mes mains fouillaient sa poitrine chaude, caressaient sa peau veloutée.<br />
La nuit ne faisait que commencer à nous appartenir…<br />
<br />
Les souvenirs de ce rêve (mal rendu, j’en suis navré) s’arrêtent là. Le reste est du ressort des sensations, d’un ressenti au sein d’un sommeil assez apaisé. Comme si j’avais été heureux de le retrouver dans ce songe…<br />
Un songe, hélas un songe…<br />
Quand te reverrai je mon ténébreux comte ?<br />
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Si on y prend garde, le travail dessèche et peut rendre abruti.
Les effets secondaires sont connus : 
il peut conduire à moins voir vos amis, à etre abrupt, à vivre avec le nez sur la pendule, à vous endormir au volant...
Et c'est le fond de commerce des Libéraux et des Marxistes depuis des années et des années.
Exemple contemporain : la maxime &quot;Travailler plus pour gagner plus&quot;, qui ne se vérifie pas toujours, loin de là.

En dégustant des Noix de saint jacques sur croquant de salicorne à l heure où blanchit la campagne Normande (invention et préparation personnelles)... accompagnées d'un verre de Picpoul (vin blanc préféré du Duc de Morny, demi frère de Napoléon III, pour mémoire) et en écoutant du Janis Joplin...
Pour achever, 1 boule de sorbet de cerise et 1 boule de glace aux cookies

Et tout le monde s en tape ^^</description><content:encoded><![CDATA[Travail [nom masc. du bas latin tripalium (VI siècle), c'est à dire instrument de torture formé de trois pieux. Altération sous l'influence de la famille de trabs, trabis : poutre. (travée). Au XII siècle: Travail : Tourment, souffrance. Travailler : Tourmenter, souffrir.Au XVI siècle : « Se donner de la peine pour ».]<br />
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Si on y prend garde, le travail dessèche et peut rendre abruti.<br />
Les effets secondaires sont connus : <br />
il peut conduire à moins voir vos amis, à etre abrupt, à vivre avec le nez sur la pendule, à vous endormir au volant...<br />
Et c'est le fond de commerce des Libéraux et des Marxistes depuis des années et des années.<br />
Exemple contemporain : la maxime "Travailler plus pour gagner plus", qui ne se vérifie pas toujours, loin de là.<br />
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En dégustant des Noix de saint jacques sur croquant de salicorne à l heure où blanchit la campagne Normande (invention et préparation personnelles)... accompagnées d'un verre de Picpoul (vin blanc préféré du Duc de Morny, demi frère de Napoléon III, pour mémoire) et en écoutant du Janis Joplin...<br />
Pour achever, 1 boule de sorbet de cerise et 1 boule de glace aux cookies<br />
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Et tout le monde s en tape ^^]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-24T21:20:41+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] En ce moment (21 juillet 2007)</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070721123142/en-ce-moment-21-juillet-2007/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070721123142/en-ce-moment-21-juillet-2007/</guid><description>J'écoute les Pixies - Doolittle
Je regarde dans le vide
Je lis Catherine Cusset - Le problème avec Jeanne
Jules Renard - Journal 1887-1910
Mihaly Csikszentmihalyi - Vivre
Je joue avec les mots
Je mange du saumon fumé, une salade maison
Je bois du thé glacé
Je cite Clément Marot
&quot;Plus ne suit ce que j'ai été
Et plus ne saurais jamais l'etre
Mon plus beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenetre
Amour, tu as été mon maitre
Je t'ai servi sur tous les dieux
Ah si je pouvais deux fois naitre
Comme je te servirais mieux!&quot;
Je pense à mes vacances
Je reve plus

</description><content:encoded><![CDATA[J'écoute les Pixies - Doolittle<br />
Je regarde dans le vide<br />
Je lis Catherine Cusset - Le problème avec Jeanne<br />
Jules Renard - Journal 1887-1910<br />
Mihaly Csikszentmihalyi - Vivre<br />
Je joue avec les mots<br />
Je mange du saumon fumé, une salade maison<br />
Je bois du thé glacé<br />
Je cite Clément Marot<br />
"Plus ne suit ce que j'ai été<br />
Et plus ne saurais jamais l'etre<br />
Mon plus beau printemps et mon été<br />
Ont fait le saut par la fenetre<br />
Amour, tu as été mon maitre<br />
Je t'ai servi sur tous les dieux<br />
Ah si je pouvais deux fois naitre<br />
Comme je te servirais mieux!"<br />
Je pense à mes vacances<br />
Je reve plus<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-21T12:31:42+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] Pensée à 00h35</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070717003621/pensee-a-00h35/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070717003621/pensee-a-00h35/</guid><description>J'ai tutoyé les anges, oubliant que je n avais pas d ailes et que la terre était si basse...</description><content:encoded><![CDATA[J'ai tutoyé les anges, oubliant que je n avais pas d ailes et que la terre était si basse...]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-17T00:36:21+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] Une envie, un samedi, à 1h30, après un beau film...</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070715014941/une-envie-un-samedi-a-1h30-apres-un-beau-film/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070715014941/une-envie-un-samedi-a-1h30-apres-un-beau-film/</guid><description>

Rien à ajouter...
Sans doute, un de mes ts premiers souvenirs de musique.
J'ai 3 ans, je suis un enfant turbulent, précoce... On ne dit pas encore hyper actif à tt bout de champ.
Et là, mon père met cette musique. Elle me stoppe, me fige, m hypnotise, me calme, m apaise...
Je cesse tout pour la ressentir, pour la laisser se dérouler comme un pas majestueux et impératif dans ma tete
Qq chose vibre
Mille images dans la tete et mille sensations dans le coeur
Mes parents ont trouvé qq chose qui me retient et ne me lachera plus jamais...
Cette musique, une des madeleines de Proust pour moi...
D'autres suivront bien sur. Mon imagination suivra évidemment...
</description><content:encoded><![CDATA[<object width="425" height="350"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Lnut9tB78BE"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/Lnut9tB78BE" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="350"></embed></object><br />
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Rien à ajouter...<br />
Sans doute, un de mes ts premiers souvenirs de musique.<br />
J'ai 3 ans, je suis un enfant turbulent, précoce... On ne dit pas encore hyper actif à tt bout de champ.<br />
Et là, mon père met cette musique. Elle me stoppe, me fige, m hypnotise, me calme, m apaise...<br />
Je cesse tout pour la ressentir, pour la laisser se dérouler comme un pas majestueux et impératif dans ma tete<br />
Qq chose vibre<br />
Mille images dans la tete et mille sensations dans le coeur<br />
Mes parents ont trouvé qq chose qui me retient et ne me lachera plus jamais...<br />
Cette musique, une des madeleines de Proust pour moi...<br />
D'autres suivront bien sur. Mon imagination suivra évidemment...<br />
]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-15T01:49:41+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] 2007/07/09 09:14:40</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070709091440/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070709091440/</guid><description>« - Comment un homme s'assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston ?
- En le faisant souffrir, répondit-il.
- Exactement. En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la notre ? Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons ? C'est exactement l'opposé des stupides anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. L'ancienne civilisation prétendait être fondé sur l'amour et la justice. La notre est fondée sur la haine. Dans notre monde il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout. » (Georges ORWELL)
</description><content:encoded><![CDATA[« - Comment un homme s'assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston ?<br />
- En le faisant souffrir, répondit-il.<br />
- Exactement. En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la notre ? Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons ? C'est exactement l'opposé des stupides anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. L'ancienne civilisation prétendait être fondé sur l'amour et la justice. La notre est fondée sur la haine. Dans notre monde il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout. » (Georges ORWELL)<br />
]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-09T09:14:40+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] 2007/07/08 23:01:48</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070708230148/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070708230148/</guid><description>&quot;Je suis un de ces démocrates qui croient que le but de la démocratie est de faire accéder chaque homme à la noblesse&quot; (Romain GARY).</description><content:encoded><![CDATA["Je suis un de ces démocrates qui croient que le but de la démocratie est de faire accéder chaque homme à la noblesse" (Romain GARY).]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-08T23:01:48+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] En ce moment... (02 juillet 2007)</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070702093530/en-ce-moment-02-juillet-2007/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070702093530/en-ce-moment-02-juillet-2007/</guid><description>J'écoute du jazz et encore du jazz (TSF 89.9)
Je regarde mon olivier, nouvel occupant de mon balcon
Je lis Richard Morgiève - Deux mille capotes à l'heure
Jean Phaure - Introduction à la géographie sacrée de Paris
Paul Morand - Venises
Je joue avec Fred à Worms (remember lol) et je lui mets la patée :)
Je mange ce que je cuisine
Je bois de la Vodka cerise
Je cite Michel Ange : &quot;Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelée espérance&quot;.
Je pense aux vacances
Je cauchemarde

</description><content:encoded><![CDATA[J'écoute du jazz et encore du jazz (TSF 89.9)<br />
Je regarde mon olivier, nouvel occupant de mon balcon<br />
Je lis Richard Morgiève - Deux mille capotes à l'heure<br />
Jean Phaure - Introduction à la géographie sacrée de Paris<br />
Paul Morand - Venises<br />
Je joue avec Fred à Worms (remember lol) et je lui mets la patée :)<br />
Je mange ce que je cuisine<br />
Je bois de la Vodka cerise<br />
Je cite Michel Ange : "Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelée espérance".<br />
Je pense aux vacances<br />
Je cauchemarde<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-07-02T09:35:30+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] Colin et Maillard : une vie de contrepèteries...</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070622133827/colin-et-maillard-une-vie-de-contrepeteries/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070622133827/colin-et-maillard-une-vie-de-contrepeteries/</guid><description>Entre deux dossiers, j'ai laissé mûrir en moi l'idée de ce que pourrait être une tranche de vie de deux jeunes héros bobos contemporains : Colin et Maillard...
J'ai composé ce long (et modeste) poème avec une majorité des vers tout en contrepèteries.

~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~-~

Elle habitait Laval depuis longtemps. Lui avait habité des gîtes.
Et la fête était dans la rue du Quai, chez un ami commun.
On sentait toujours une forte odeur de marron en s'approchant du Quai.
Le bar était bondé, les chambres illuminées

Nom bien coté, consciente du pas, telle une princesse appréciant la dotation du roi, fille sentencieuse, Maillard s'avança.
Il aimait sa peau avec un grain de fantaisie bien à elle
« Mutation féline. Jeune déjà, tu paraissais taquine » se dit Colin intérieurement.
Observant le monde, il déplora la foule.

Incitée à être trouvée, elle lui emboîta le pas avec conscience.
Cela avait beau être sa peine qui le mine ; Colin était triste.
En effet, c'était à ses amis que sa copine, Maillard, avait décidé d'offrir son vin.
Abusée par les mythes de l'amitié, cette coquine voulait se faire plein de potes.

Si elle-même était d'accord sur son but, 
Elle était loin de se douter de leur foi.
Donc elle hésita a dévoiler son but devant tant de candeur.
Elle se disait que, pour parvenir au but, il faudrait beaucoup de courage.


Au lieu de cela, Le tout est trop confus Le con est trop touffu.
Toute la soirée, il entendit qu'on faisait remarquer à Maillard : 
« J'aime vachement votre frangin ».
Triste, Colin aurait juste souhaiter dîner en pensant avec elle.

Surtout qu'il faut être peu pour bien dîner.
Ils se seraient éclatés la panse en dînant.
Il était bon de ne pas se quitter.
Il avait eu envie de leur crier : « Taisez vous en bas !! Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous défiler !! Que ces macaques font malotrus», soupira-t-il.

Maillard chercha à le rassurer : « Boude pas, c'est pas ton genre »
Elle était sur les dents quand ça bardait
Saoul, il n'avait plus de remords.
La mine piteuse, le sang qui bout,

La lutte le dépassait
Passant de la crête à l'abîme, 
Colin se mit à boire et descendit de canons plus que de raison
« Apres les douilles, vidons les carafons », se dit-il. 

Il aimait le goût de ce petit blanc
Mais, il dut s'avouer que ce coup de blanc le grisa
Et, il aurait encore ce coup de vin dimanche
Il est vrai que l'anis allume

C'est pourquoi il voulait à présent s'envoyer un truc doux.
Ou une vieille Fine sans dépôt 
Ou un vieux Marc très doux 
Ou une chopine de Cola

Dans la vie, il courait tant de buts divers qu'il en perdait sa belle mine 
Au fond de lui, il aurait voulu changer les maths
On n'est jamais très fort pour ce calcul.
Trop de brochures dégoûtent des maths.

Toutefois, côté sports, ce garçon était très ferme : il était coureur de fond
Il avait aussi pratiqué le tennis en pension.
Il jouait encore de temps en temps avec un pro du tennis
Son tennis était donc bien propagé.

Même si les crampes font bouder,
Même si les luxations mènent à la fêlure,
Avec Colin, Maillard subit des sets.
Mais, il lui avait promis son meilleur tennis

Il aurait souhaité joué au foot
Mais, il y avait si peu de mecs pour faire l'équipe
C'est malgré tout embêtant car la bise souffla jusqu'au banc 
Et, un jour, une décharge de foudre lui enleva toute sa poutre


Moralité : 

Quand les bons vous quittent, 
Les rites sont un bien nécessaire.
Rien n'est trop beau s'il s'agit de grandeur.
Car, les beaux arts sont un plaisir des dieux
</description><content:encoded><![CDATA[Entre deux dossiers, j'ai laissé mûrir en moi l'idée de ce que pourrait être une tranche de vie de deux jeunes héros bobos contemporains : Colin et Maillard...<br />
J'ai composé ce long (et modeste) poème avec une majorité des vers tout en contrepèteries.<br />
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Elle habitait Laval depuis longtemps. Lui avait habité des gîtes.<br />
Et la fête était dans la rue du Quai, chez un ami commun.<br />
On sentait toujours une forte odeur de marron en s'approchant du Quai.<br />
Le bar était bondé, les chambres illuminées<br />
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Nom bien coté, consciente du pas, telle une princesse appréciant la dotation du roi, fille sentencieuse, Maillard s’avança.<br />
Il aimait sa peau avec un grain de fantaisie bien à elle<br />
« Mutation féline. Jeune déjà, tu paraissais taquine » se dit Colin intérieurement.<br />
Observant le monde, il déplora la foule.<br />
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Incitée à être trouvée, elle lui emboîta le pas avec conscience.<br />
Cela avait beau être sa peine qui le mine ; Colin était triste.<br />
En effet, c'était à ses amis que sa copine, Maillard, avait décidé d’offrir son vin.<br />
Abusée par les mythes de l’amitié, cette coquine voulait se faire plein de potes.<br />
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Si elle-même était d’accord sur son but, <br />
Elle était loin de se douter de leur foi.<br />
Donc elle hésita a dévoiler son but devant tant de candeur.<br />
Elle se disait que, pour parvenir au but, il faudrait beaucoup de courage.<br />
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Au lieu de cela, Le tout est trop confus Le con est trop touffu.<br />
Toute la soirée, il entendit qu’on faisait remarquer à Maillard : <br />
« J'aime vachement votre frangin ».<br />
Triste, Colin aurait juste souhaiter dîner en pensant avec elle.<br />
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Surtout qu’il faut être peu pour bien dîner.<br />
Ils se seraient éclatés la panse en dînant.<br />
Il était bon de ne pas se quitter.<br />
Il avait eu envie de leur crier : « Taisez vous en bas !! Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous défiler !! Que ces macaques font malotrus», soupira-t-il.<br />
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Maillard chercha à le rassurer : « Boude pas, c'est pas ton genre »<br />
Elle était sur les dents quand ça bardait<br />
Saoul, il n’avait plus de remords.<br />
La mine piteuse, le sang qui bout,<br />
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La lutte le dépassait<br />
Passant de la crête à l'abîme, <br />
Colin se mit à boire et descendit de canons plus que de raison<br />
« Apres les douilles, vidons les carafons », se dit-il. <br />
<br />
Il aimait le goût de ce petit blanc<br />
Mais, il dut s’avouer que ce coup de blanc le grisa<br />
Et, il aurait encore ce coup de vin dimanche<br />
Il est vrai que l’anis allume<br />
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C’est pourquoi il voulait à présent s’envoyer un truc doux.<br />
Ou une vieille Fine sans dépôt <br />
Ou un vieux Marc très doux <br />
Ou une chopine de Cola<br />
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Dans la vie, il courait tant de buts divers qu'il en perdait sa belle mine <br />
Au fond de lui, il aurait voulu changer les maths<br />
On n'est jamais très fort pour ce calcul.<br />
Trop de brochures dégoûtent des maths.<br />
<br />
Toutefois, côté sports, ce garçon était très ferme : il était coureur de fond<br />
Il avait aussi pratiqué le tennis en pension.<br />
Il jouait encore de temps en temps avec un pro du tennis<br />
Son tennis était donc bien propagé.<br />
<br />
Même si les crampes font bouder,<br />
Même si les luxations mènent à la fêlure,<br />
Avec Colin, Maillard subit des sets.<br />
Mais, il lui avait promis son meilleur tennis<br />
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Il aurait souhaité joué au foot<br />
Mais, il y avait si peu de mecs pour faire l'équipe<br />
C'est malgré tout embêtant car la bise souffla jusqu'au banc <br />
Et, un jour, une décharge de foudre lui enleva toute sa poutre<br />
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Moralité : <br />
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Quand les bons vous quittent, <br />
Les rites sont un bien nécessaire.<br />
Rien n'est trop beau s'il s'agit de grandeur.<br />
Car, les beaux arts sont un plaisir des dieux<br />
]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-06-22T13:38:27+01:00</dc:date></item><item><title>[le-dandy] In.Necis.Renascor.Integer</title><link>http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070614203611/in-necis-renascor-integer/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.le-dandy.gayattitude.com/20070614203611/in-necis-renascor-integer/</guid><description>C'est la première heure...
Dans l'unité, les démons chantent les louanges de Dieu. Ils perdent leur malice et leur colère, d'après le Nuctémeron (haute magie assyrienne).
- Toi, enfin! A ma vue, il ne pousse pas un cri de triomphe, mais comme un gloussement suivi d'un soupir joyeux. Il dégaine sa lame. C'est le moment qu'il attendait depuis si longtps. A la place des yeux, il a deux trous rouges, deux fentes cruelles. Arrivé à ma hauteur, il se ramasse sur ses jambes afin de me trouer d'une détente brusque.
- Je savais bien que je finirais par t 'avoir, rugit il, dans un souffle rauque.
Mais devant mon regard décidé, il fait un pas en arrière. Quel air dois-je avoir? Formidable et invincible, si bien qu'un doute s'empare de lui.
- Qu'attends tu ici? glapit-il en faisant osciller sa lame.
- L'heure.
- Ah ! Ah ! Tu as peur, voilà la vérité!
- J'ai peur.
- Alors reste à trembler dans ton coin : je te préfère ainsi que mort. Quand je reviendrai, tu te prosterneras à mes pieds, car maintenant je vais m'emparer de la Puissance.
- Tu n'aimes plus la vie?
- Si, plus que tu ne crois...

C'est la deuxième heure...
Il s'esclaffe et s'aventure dans le large couloir, plutôt une salle tout en longueur, jetant des regards de défi à tous les dieux de pierre qui l'observent de leurs yeux froids : Mercure, Mithra, Zervan, Dagon, Jupiter, Saturne, Isis, Sobek, Morrigan, Bââl-Belit... et beaucoup d'autres encore ramenés de Rome qui les avait soumis à ses lois, comme elle avait soumis les peuples qui les adoraient.
Je le vois partir. Je devine le danger. J'imagine que, de derrière ces dieux, peuvent apparaître des êtres abominables contre lesquels il ne pourra rien. Moi-même, je ne peux rien. Pas encore. Je suis dépourvu, annihilé. Oui, ça doit être la peur, peur méritée, l'ultime épreuve que je dois subir en silence. Soudain, je tressaille. Quelque chose se faufile au ras du sol. L'autre n'a rien vu.
Le chien. Cet immense chien comme sorti des enfers.
- Attention !! criai-je à mon ennemi.
Ce dernier pointe son épée. Le monstre bondit, tel une flèche silencieuse. Et, d'un coup de crocs, il arrache l'arme. L'autre recule. son pied se tord et il s 'affale de tout son long sur le pavement. Aussitôt, les crocs de la bête s'incrustent douloureusement dans sa gorge, broient sa pomme d'Adam. Il n'a pas le temps de palper l'amulette dans sa poche, cette amulette qui doit le protéger. Trop tard : le sang s écoule à gros bouillons de sa gorge béante. Il perd conscience avant de pouvoir la brandir.
Mort. Il est mort.
J'ai la curieuse impression qu'on vient de m'enlever une partie de moi même. Le fauve hurle. Je frissonne, me demandant ce que je vais bien pouvoir opposer à ce monstre. Mais, la bête repart d'où il est venu.

C'est la troisième heure...
Les serpents du caducée d'Hermès s'entrelacent trois fois. Cerbère ouvre sa triple gueule et le feu chante les louanges du Grand Architecte, par les trois langues de la foudre.

C'est la quatrième heure...
A la quatrième heure, l'âme retourne visiter les tombeaux. C'est le moment où s'allument les lampes magiques aux quatre coins des cercles. C'est l'heure des enchantements et des prestiges.
Cela ne se passe pas très bien. A la lisière de ce monde, où s'élève maintenant une chaleur lourde, pleine de miasmes et de vapeurs, qui retombent comme un linceul sur les dieux. Je retire ma chemise poisseuse. Il y a des choses qui volent à l'entour, des bruits de métal, des chuintements, des rires, des cris, des voix qui le tourmentent de leurs sarcasmes.

Les heures passent
Cinquième heure…
Sixième heure…
Septième heure…
Huitième heure…
L'éternité s'écoule.

C'est la neuvième heure.
Le nombre qui ne doit pas être révélé.
« IL impose à l'homme sa loi »
Cela semble bien sa voix que je viens d'entendre. Je l'appelle.
Le silence me répond.
- Que dois-je faire ?
Un rire me répond en écho. Puis des pleurs. Puis des voix d'enfants. Puis des voix âgées. Tous les âges sont là, torturés… Puis, le bruit d'une cataracte tombant d'une hauteur vertigineuse. Fracas. Puis les hourras d'une armée d'ombres. Puis des galops invisibles et monstrueux.

Je puise différents objets protecteurs dans mes poches. Seul le pentacle d'Agrippa autour de mon cou me semble alors indispensable. Au cours des heures qui viennent de s'écouler, j'ai imaginé et inventé des plans de bataille nourri de psalmodies, où pas une des méthodes propres à forcer Asmodée à battre en retraite n'a été négligée : ni celle de l'anathème, de la force, de la séduction, de la surprise et de la supplication, ni la possibilité même d'une alliance avec d'autres démons et génies.
- Je n'ai pas peur ! Viens à moi ! (en m'avançant d'un pas résolu). Viens à moi ! Qui que tu sois !
C'est d'abord le monstre à quatre pattes, gueules béantes qui répond à mon appel. Crevant un voile d'eau noire entre deux statues, il fait irruption devant moi. Les babines retroussées, il montre ses crocs. Le sol tremble ou sont-ce mes jambes qui vacillent ? La tête d'un Mercure saute comme un bouchon de champagne, suivie par un geyser de feu.
- Ce ne sont que des hallucinations, pensai je. Je ne dois pas avoir peur ! Je n'ai pas peur. Je n'ai pas peur… Je n'ai pas peur !.
Je fais face au fauve, le pentacle brandi entre le pouce et l'index de la main gauche.
- Allez viens ! Qu'attends tu ?
Le monstre hésite, apparemment sensible à son absence de peur. La terre tremble toujours. Quelque part, des fouets claquent les uns après les autres. Sinistres rafales. Je garde un œil sur mon adversaire et sur les statues qui bougent dangereusement.
Je le provoque :
- Alors ? Bondis, maudite bête !
Rien

Encore des hallucinations : une voix cristalline sur l'air de « La ronde du Veau d'or » dans Faust, des visages sans yeux sculptés à coups de serpe, une intrusion tournoyante de sphères…
Impossible de détourner l'attention. Une vague de chaleur m'enveloppe : je vois le sol bouillir. Je suffoque et ferme les yeux un instant. Quand je les rouvre, la gueule du monstre fonce sur moi. D'un coup de reins, j'évite la charge de l'animal et le frôle avec mon pentacle.

Hurlement de la bête. Couinements. Elle se convulse, bave, le flanc ouvert sur un grouillement verdâtre, puis se traîne vers un gouffre noir et béant qui vient de s'ouvrir à quelques mètres d'elle. Elle s'y désagrège peu à peu.

Le calme revient. Le couloir reprend son aspect initial. Le pentacle, l'étoile, le nombre d'or, 5 branches… Je poursuis mon chemin et, bientôt la Lumière apparaît, dardant ses rayons d'or sur l'or des trésors entassés autour d'elle. Elle est au centre d'une grotte immense, probablement située non loin de celle où j'avais découvert l'autre trésor, du Temple. Des piliers forment de grandes ombres dans le fond, à une distance que je ne peux évaluer. 
Devant moi, la voie file droit au milieu des prises de guerre, des couronnes indistinctes, des lingots grossièrement fondus, des armes d'argent flottant sur des monceaux de pierres précieuses. C'est le plus formidable trésor de tous les temps.

Je tressaille. L'ombre confinée au-delà des piliers me répond : un grondement, un déchirement. Une odeur de pourri. Sans doute celle-ci s'est-elle lentement insinuée dans ma conscience, mais ce n'est qu'aussitôt après avoir entendu l'avertissement de l'ombre que je flaire cette faible quoique indéniable odeur de souffre.
- JE T'ATTENDAIS.
Qui a poussé ce cri terrible ? Un frisson me parcourt à nouveau.
- AVANCE !
Je cherche à déterminer d'où vient la voix. J'ai l'impression qu'elle est partout à la fois dans l'espace et dans mon crâne. Déterminé à aller jusqu'au bout, j'avance lentement, l'œil fixé sur la lumière qui ne m'agresse nullement.
Elle est comme dans mes rêves, comme dans les écritures. Ses trois parties : Aziluth, Jezirah et Briah. Les trois mondes de la Kabbale. Plus près, encore plus près. Je vois la base d'un coffre à laquelle sont fixés les quatre anneaux des leviers semblables aux colonnes du Temple : Jakin et Bohas. 
A l'intérieur sont les quatre lettres du tétragramme divin, le pouvoir absolu, l'immortalité. Enfermée depuis des millénaires, elle est là, l'attendant : la Coupe attend l'Elu.



Exception faite de l'ombre qui se manifeste bruyamment au fond de la caverne, je n'éprouve aucune crainte. La Coupe m'attire, me conforte dans ma quête. Parvenu à trois mètres d'elle, je demeure immobile dans son halo. Heureux et comblé, je pense que je peux enfin mourir si il faut. Selon la légende, il n'y a qu'à la porter aux lèvres au moment où se manifesteront les Puissances.
- J'en suis indigne, me dis-je en me prosternant.

Devant ce feu qui éclaire la grotte, il me semble voir, en pleine clarté, mon âme avilie par tous ces années passées au milieu des hommes. Le temps s'étire. Les heures, les jours, les années ne comptent plus. Mes sens s'abattent. A genoux, aveugle et sourd, je me repens et je me dis qu'il est trop tard, que c'est trop facile, qu'on ne peut gagner le salut ainsi, au dernier moment, quand sa propre vie ne tient plus qu'à un fil. Quel salut de toute façon…
Mon doute augmente. Peu à peu, le grondement de l'ombre m'emplit et les feux de l'enfer envahissent mon champ de vision.
- Mon Dieu ! fais je en secouant la tête pour tenter de chasser le cauchemar qui prend forme.

Cornes dressées en pleine lumière, Asmodée se cabre devant le coffre. Sa chair de bronze se convulse sous les harnais de fer fixés sur son corps monstrueux. Il me dépasse d'un mètre. Ses yeux captent les rayons et s'en nourrissent. Il les tourne vers moi, atterré.
Et je me perds dans ces pupilles moirées de violet, de jaune et de flammes.
- ES-TU CELUI QUE J'ATTENDAIS ?
La bouche du monstre s'est ouverte et la déflagration des mots me fait reculer. Ce prince des enfers, gardien des secrets et trésors, secoue sa crinière rousse des poils qui couvrent son dos, tandis qu'un peuple de démons dévale de la voûte et s'entasse derrière lui.



Asmodée part d'un formidable ricanement et tend ses griffes en ma direction., avivant les rayons d'or de cette Lumière émanant de la Coupe, qu'elle capte de toute sa circonférence. 
- Ce ne sont que des apparences, me dis-je. Il n'existe pas. Il ne peut pas exister. C'est moi qui le crée dans mon esprit.
En essayant de me rassurer, je me dirige vers le Gardien. La griffe vole et me touche. Je ressens une brûlure à l'épaule. Aussitôt un poison se répand dans mes veines. Je souffre horriblement et crie de peur quand la patte du Démon cherche à me blesser à nouveau.
Asmodée est bien réel. Il se balance sur ses jambes tordues et puissantes, noueuses comme les troncs des oliviers millénaires. Il fend l'air de ses serres, encore et encore, m'acculant contre le coffre d'or.
- ES-TU CELUI QUE J'ATTENDAIS ?
La question retentit toujours plus fort, me clouant au sol, rejetant le peuple infernal vers l'ombre. Quand le monstre se déplace, le sol craque et se fend. Il charrie avec lui une odeur épouvantable.

Je me maintiens péniblement debout. Affolé même, je m'agrippe au mur et, dans un effort de concentration, cherche une parade. Mes mains plongent dans mes poches et en retire une pierre d'œil céleste en forme de sphère. Je n'ai pas le temps de réfléchir à l'efficacité du reste. Avec une détermination désespérée, je marche en chancelant vers Asmodée et lui oppose le talisman d'Agrippa et la sphère ténébreuse.
Ricanements. Souffle fétide. Les doigts crochus du monstres m'empoignent par l'épaule et me soulèvent. JE dois pâlir : la sphère se désagrège entre mes doigts et se transforme en une poignée de sable noir. Après avoir rougeoyer à m'en brûler les doigts, le pentacle perd de son éclat.
- ES-TU CELUI QUE J'ATTENDAIS ?
Pour la troisième fois, la question explose dans ma tête. L'autre main d'Asmodée me frappe en pleine poitrine et me sonne. Je perds connaissance quand le Diable gardien me projette sur le coffre d'or.

Une source dorée. Je m'y laisse glisser. Je franchis les portes qui me séparent des autres mondes et gagne un autre univers : Archanges, Principautés, Puissances, Vertus, Dominations, Trônes, Chérubins et Séraphins. Je me sens substantiellement uni à eux, tout en bas des hiérarchies. Je n'ai plus de corps et je plane. Le Graal est le vaisseau des âmes. Il me conduit. Est-ce la mort ? Est-ce la Résurrection ?



Au bout d'un tunnel de lumière. Au bout d'un bras gigantesque où palpitent des milliards d'étoiles. Au bout d'un palais où bruit une foule de juges que je ne vois pas. Au bout du temps… Se présente à moi un être dont je ne discerne pas les contours ni les limites, dont je ne distingue pas le visage (mais en a-t-il un ?), qui m'appelle par mon prénom et me dit 
- Arnaud, que veux-tu entendre et voir  et, par la pensée et le cœur, apprendre et connaître ?
Je cherche ce que je dois répondre et ne trouve rien. Ecce homo….Je ne parviens même pas à démêler ce qui se passe en moi et autour de moi. Tout ce que j'éprouve, c'est une joie de me sentir là, un besoin d'y rester… Oui, tout entendre et tout voir, pourvu que je ne retourne pas sur terre

- Non, Arnaud, tu n'appartiens pas encore à ce monde. Ton âme est lourde. Tu vas repartir là-bas, où tu écouteras une fois de plus la voix du serpent. Tout doit s'accomplir. Le Graal s'ouvre sur les portes des mondes d'en haut et d'en bas. Il est création et destruction. Il participe du Bien comme du Mal, tout dépend avec quel cœur on Le désire et quelle âme on décide de tremper dedans pour le servir. Toi, nouveau roi pêcheur, garde Le pour le temps qu'il te reste à vivre, IL te donnera le pouvoir après la mort.
Et cet être infini souffle sur moi, doucement, m'enveloppant.

La Coupe, la grotte, je suis à nouveau sous la montagne. Mon corps ne charrie plus de poison et mes plaies se sont refermées. Asmodée me regarde intensément. ? Ses yeux exorbités n'ont plus le pouvoir de me terroriser.
- ES-TU l'ELU ?
- Je suis l'Elu, répliquai-je calmement en touchant le pentacle sur ma poitrine, sans détacher mes yeux du Gardien cornu et griffu.
A peine ai-je fini de prononcer ces mots, que le Seigneur des Enfers se dissout
- J'ai réussi… J'ai réussi… J'ai vu les Mondes… J'ai approché l'Absolu… J'ai vaincu et dompter Asmodée.

Je n'arrive pas à mesurer ce qui m'arrive. Avec crainte, je touche la Coupe , qui vibre. Jamais je n'oserai m'en servir. Le pouvoir illimité me fait peur.
Je ne suis qu'un homme. Et j'entend au fond de moi les voix du Bien et du Mal, de l'Ombre et de la Lumière.


I.N.R.I.
In Necis Renascor Integer



</description><content:encoded><![CDATA[C'est la première heure...<br />
Dans l'unité, les démons chantent les louanges de Dieu. Ils perdent leur malice et leur colère, d'après le Nuctémeron (haute magie assyrienne).<br />
- Toi, enfin! A ma vue, il ne pousse pas un cri de triomphe, mais comme un gloussement suivi d'un soupir joyeux. Il dégaine sa lame. C'est le moment qu'il attendait depuis si longtps. A la place des yeux, il a deux trous rouges, deux fentes cruelles. Arrivé à ma hauteur, il se ramasse sur ses jambes afin de me trouer d'une détente brusque.<br />
- Je savais bien que je finirais par t 'avoir, rugit il, dans un souffle rauque.<br />
Mais devant mon regard décidé, il fait un pas en arrière. Quel air dois-je avoir? Formidable et invincible, si bien qu'un doute s'empare de lui.<br />
- Qu'attends tu ici? glapit-il en faisant osciller sa lame.<br />
- L'heure.<br />
- Ah ! Ah ! Tu as peur, voilà la vérité!<br />
- J'ai peur.<br />
- Alors reste à trembler dans ton coin : je te préfère ainsi que mort. Quand je reviendrai, tu te prosterneras à mes pieds, car maintenant je vais m'emparer de la Puissance.<br />
- Tu n'aimes plus la vie?<br />
- Si, plus que tu ne crois...<br />
<br />
C'est la deuxième heure...<br />
Il s'esclaffe et s'aventure dans le large couloir, plutôt une salle tout en longueur, jetant des regards de défi à tous les dieux de pierre qui l'observent de leurs yeux froids : Mercure, Mithra, Zervan, Dagon, Jupiter, Saturne, Isis, Sobek, Morrigan, Bââl-Belit... et beaucoup d'autres encore ramenés de Rome qui les avait soumis à ses lois, comme elle avait soumis les peuples qui les adoraient.<br />
Je le vois partir. Je devine le danger. J'imagine que, de derrière ces dieux, peuvent apparaître des êtres abominables contre lesquels il ne pourra rien. Moi-même, je ne peux rien. Pas encore. Je suis dépourvu, annihilé. Oui, ça doit être la peur, peur méritée, l'ultime épreuve que je dois subir en silence. Soudain, je tressaille. Quelque chose se faufile au ras du sol. L'autre n'a rien vu.<br />
Le chien. Cet immense chien comme sorti des enfers.<br />
- Attention !! criai-je à mon ennemi.<br />
Ce dernier pointe son épée. Le monstre bondit, tel une flèche silencieuse. Et, d'un coup de crocs, il arrache l'arme. L'autre recule. son pied se tord et il s 'affale de tout son long sur le pavement. Aussitôt, les crocs de la bête s'incrustent douloureusement dans sa gorge, broient sa pomme d'Adam. Il n'a pas le temps de palper l'amulette dans sa poche, cette amulette qui doit le protéger. Trop tard : le sang s écoule à gros bouillons de sa gorge béante. Il perd conscience avant de pouvoir la brandir.<br />
Mort. Il est mort.<br />
J'ai la curieuse impression qu'on vient de m'enlever une partie de moi même. Le fauve hurle. Je frissonne, me demandant ce que je vais bien pouvoir opposer à ce monstre. Mais, la bête repart d'où il est venu.<br />
<br />
C'est la troisième heure...<br />
Les serpents du caducée d'Hermès s'entrelacent trois fois. Cerbère ouvre sa triple gueule et le feu chante les louanges du Grand Architecte, par les trois langues de la foudre.<br />
<br />
C'est la quatrième heure...<br />
A la quatrième heure, l'âme retourne visiter les tombeaux. C'est le moment où s’allument les lampes magiques aux quatre coins des cercles. C’est l’heure des enchantements et des prestiges.<br />
Cela ne se passe pas très bien. A la lisière de ce monde, où s’élève maintenant une chaleur lourde, pleine de miasmes et de vapeurs, qui retombent comme un linceul sur les dieux. Je retire ma chemise poisseuse. Il y a des choses qui volent à l’entour, des bruits de métal, des chuintements, des rires, des cris, des voix qui le tourmentent de leurs sarcasmes.<br />
<br />
Les heures passent<br />
Cinquième heure…<br />
Sixième heure…<br />
Septième heure…<br />
Huitième heure…<br />
L’éternité s’écoule.<br />
<br />
C’est la neuvième heure.<br />
Le nombre qui ne doit pas être révélé.<br />
« IL impose à l’homme sa loi »<br />
Cela semble bien sa voix que je viens d’entendre. Je l’appelle.<br />
Le silence me répond.<br />
- Que dois-je faire ?<br />
Un rire me répond en écho. Puis des pleurs. Puis des voix d’enfants. Puis des voix âgées. Tous les âges sont là, torturés… Puis, le bruit d’une cataracte tombant d’une hauteur vertigineuse. Fracas. Puis les hourras d’une armée d’ombres. Puis des galops invisibles et monstrueux.<br />
<br />
Je puise différents objets protecteurs dans mes poches. Seul le pentacle d’Agrippa autour de mon cou me semble alors indispensable. Au cours des heures qui viennent de s’écouler, j’ai imaginé et inventé des plans de bataille nourri de psalmodies, où pas une des méthodes propres à forcer Asmodée à battre en retraite n’a été négligée : ni celle de l’anathème, de la force, de la séduction, de la surprise et de la supplication, ni la possibilité même d’une alliance avec d’autres démons et génies.<br />
- Je n’ai pas peur ! Viens à moi ! (en m’avançant d’un pas résolu). Viens à moi ! Qui que tu sois !<br />
C’est d’abord le monstre à quatre pattes, gueules béantes qui répond à mon appel. Crevant un voile d’eau noire entre deux statues, il fait irruption devant moi. Les babines retroussées, il montre ses crocs. Le sol tremble ou sont-ce mes jambes qui vacillent ? La tête d’un Mercure saute comme un bouchon de champagne, suivie par un geyser de feu.<br />
- Ce ne sont que des hallucinations, pensai je. Je ne dois pas avoir peur ! Je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur… Je n’ai pas peur !.<br />
Je fais face au fauve, le pentacle brandi entre le pouce et l’index de la main gauche.<br />
- Allez viens ! Qu’attends tu ?<br />
Le monstre hésite, apparemment sensible à son absence de peur. La terre tremble toujours. Quelque part, des fouets claquent les uns après les autres. Sinistres rafales. Je garde un œil sur mon adversaire et sur les statues qui bougent dangereusement.<br />
Je le provoque :<br />
- Alors ? Bondis, maudite bête !<br />
Rien<br />
<br />
Encore des hallucinations : une voix cristalline sur l’air de « La ronde du Veau d’or » dans Faust, des visages sans yeux sculptés à coups de serpe, une intrusion tournoyante de sphères…<br />
Impossible de détourner l’attention. Une vague de chaleur m’enveloppe : je vois le sol bouillir. Je suffoque et ferme les yeux un instant. Quand je les rouvre, la gueule du monstre fonce sur moi. D’un coup de reins, j’évite la charge de l’animal et le frôle avec mon pentacle.<br />
<br />
Hurlement de la bête. Couinements. Elle se convulse, bave, le flanc ouvert sur un grouillement verdâtre, puis se traîne vers un gouffre noir et béant qui vient de s’ouvrir à quelques mètres d’elle. Elle s’y désagrège peu à peu.<br />
<br />
Le calme revient. Le couloir reprend son aspect initial. Le pentacle, l’étoile, le nombre d’or, 5 branches… Je poursuis mon chemin et, bientôt la Lumière apparaît, dardant ses rayons d’or sur l’or des trésors entassés autour d’elle. Elle est au centre d’une grotte immense, probablement située non loin de celle où j’avais découvert l’autre trésor, du Temple. Des piliers forment de grandes ombres dans le fond, à une distance que je ne peux évaluer. <br />
Devant moi, la voie file droit au milieu des prises de guerre, des couronnes indistinctes, des lingots grossièrement fondus, des armes d’argent flottant sur des monceaux de pierres précieuses. C’est le plus formidable trésor de tous les temps.<br />
<br />
Je tressaille. L’ombre confinée au-delà des piliers me répond : un grondement, un déchirement. Une odeur de pourri. Sans doute celle-ci s’est-elle lentement insinuée dans ma conscience, mais ce n’est qu’aussitôt après avoir entendu l’avertissement de l’ombre que je flaire cette faible quoique indéniable odeur de souffre.<br />
- JE T’ATTENDAIS.<br />
Qui a poussé ce cri terrible ? Un frisson me parcourt à nouveau.<br />
- AVANCE !<br />
Je cherche à déterminer d’où vient la voix. J’ai l’impression qu’elle est partout à la fois dans l’espace et dans mon crâne. Déterminé à aller jusqu’au bout, j’avance lentement, l’œil fixé sur la lumière qui ne m’agresse nullement.<br />
Elle est comme dans mes rêves, comme dans les écritures. Ses trois parties : Aziluth, Jezirah et Briah. Les trois mondes de la Kabbale. Plus près, encore plus près. Je vois la base d’un coffre à laquelle sont fixés les quatre anneaux des leviers semblables aux colonnes du Temple : Jakin et Bohas. <br />
A l’intérieur sont les quatre lettres du tétragramme divin, le pouvoir absolu, l’immortalité. Enfermée depuis des millénaires, elle est là, l’attendant : la Coupe attend l’Elu.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/le-dandy/20070614-1741552093467188be3f668.jpg" width="768" height="1024" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<br />
Exception faite de l’ombre qui se manifeste bruyamment au fond de la caverne, je n’éprouve aucune crainte. La Coupe m’attire, me conforte dans ma quête. Parvenu à trois mètres d’elle, je demeure immobile dans son halo. Heureux et comblé, je pense que je peux enfin mourir si il faut. Selon la légende, il n’y a qu’à la porter aux lèvres au moment où se manifesteront les Puissances.<br />
- J’en suis indigne, me dis-je en me prosternant.<br />
<br />
Devant ce feu qui éclaire la grotte, il me semble voir, en pleine clarté, mon âme avilie par tous ces années passées au milieu des hommes. Le temps s’étire. Les heures, les jours, les années ne comptent plus. Mes sens s’abattent. A genoux, aveugle et sourd, je me repens et je me dis qu’il est trop tard, que c’est trop facile, qu’on ne peut gagner le salut ainsi, au dernier moment, quand sa propre vie ne tient plus qu’à un fil. Quel salut de toute façon…<br />
Mon doute augmente. Peu à peu, le grondement de l’ombre m’emplit et les feux de l’enfer envahissent mon champ de vision.<br />
- Mon Dieu ! fais je en secouant la tête pour tenter de chasser le cauchemar qui prend forme.<br />
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Cornes dressées en pleine lumière, Asmodée se cabre devant le coffre. Sa chair de bronze se convulse sous les harnais de fer fixés sur son corps monstrueux. Il me dépasse d’un mètre. Ses yeux captent les rayons et s’en nourrissent. Il les tourne vers moi, atterré.<br />
Et je me perds dans ces pupilles moirées de violet, de jaune et de flammes.<br />
- ES-TU CELUI QUE J’ATTENDAIS ?<br />
La bouche du monstre s’est ouverte et la déflagration des mots me fait reculer. Ce prince des enfers, gardien des secrets et trésors, secoue sa crinière rousse des poils qui couvrent son dos, tandis qu’un peuple de démons dévale de la voûte et s’entasse derrière lui.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/le-dandy/20070614-3528670244671886d5055b.jpg" width="563" height="422" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Asmodée part d’un formidable ricanement et tend ses griffes en ma direction., avivant les rayons d’or de cette Lumière émanant de la Coupe, qu’elle capte de toute sa circonférence. <br />
- Ce ne sont que des apparences, me dis-je. Il n’existe pas. Il ne peut pas exister. C’est moi qui le crée dans mon esprit.<br />
En essayant de me rassurer, je me dirige vers le Gardien. La griffe vole et me touche. Je ressens une brûlure à l’épaule. Aussitôt un poison se répand dans mes veines. Je souffre horriblement et crie de peur quand la patte du Démon cherche à me blesser à nouveau.<br />
Asmodée est bien réel. Il se balance sur ses jambes tordues et puissantes, noueuses comme les troncs des oliviers millénaires. Il fend l’air de ses serres, encore et encore, m’acculant contre le coffre d’or.<br />
- ES-TU CELUI QUE J’ATTENDAIS ?<br />
La question retentit toujours plus fort, me clouant au sol, rejetant le peuple infernal vers l’ombre. Quand le monstre se déplace, le sol craque et se fend. Il charrie avec lui une odeur épouvantable.<br />
<br />
Je me maintiens péniblement debout. Affolé même, je m’agrippe au mur et, dans un effort de concentration, cherche une parade. Mes mains plongent dans mes poches et en retire une pierre d’œil céleste en forme de sphère. Je n’ai pas le temps de réfléchir à l’efficacité du reste. Avec une détermination désespérée, je marche en chancelant vers Asmodée et lui oppose le talisman d’Agrippa et la sphère ténébreuse.<br />
Ricanements. Souffle fétide. Les doigts crochus du monstres m’empoignent par l’épaule et me soulèvent. JE dois pâlir : la sphère se désagrège entre mes doigts et se transforme en une poignée de sable noir. Après avoir rougeoyer à m’en brûler les doigts, le pentacle perd de son éclat.<br />
- ES-TU CELUI QUE J’ATTENDAIS ?<br />
Pour la troisième fois, la question explose dans ma tête. L’autre main d’Asmodée me frappe en pleine poitrine et me sonne. Je perds connaissance quand le Diable gardien me projette sur le coffre d’or.<br />
<br />
Une source dorée. Je m’y laisse glisser. Je franchis les portes qui me séparent des autres mondes et gagne un autre univers : Archanges, Principautés, Puissances, Vertus, Dominations, Trônes, Chérubins et Séraphins. Je me sens substantiellement uni à eux, tout en bas des hiérarchies. Je n’ai plus de corps et je plane. Le Graal est le vaisseau des âmes. Il me conduit. Est-ce la mort ? Est-ce la Résurrection ?<br />
<br />
<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/le-dandy/20070614-1163180402467189588028f.jpg" width="360" height="444" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<br />
Au bout d’un tunnel de lumière. Au bout d’un bras gigantesque où palpitent des milliards d’étoiles. Au bout d’un palais où bruit une foule de juges que je ne vois pas. Au bout du temps… Se présente à moi un être dont je ne discerne pas les contours ni les limites, dont je ne distingue pas le visage (mais en a-t-il un ?), qui m’appelle par mon prénom et me dit <br />
- Arnaud, que veux-tu entendre et voir  et, par la pensée et le cœur, apprendre et connaître ?<br />
Je cherche ce que je dois répondre et ne trouve rien. Ecce homo….Je ne parviens même pas à démêler ce qui se passe en moi et autour de moi. Tout ce que j’éprouve, c’est une joie de me sentir là, un besoin d’y rester… Oui, tout entendre et tout voir, pourvu que je ne retourne pas sur terre<br />
<br />
- Non, Arnaud, tu n’appartiens pas encore à ce monde. Ton âme est lourde. Tu vas repartir là-bas, où tu écouteras une fois de plus la voix du serpent. Tout doit s’accomplir. Le Graal s’ouvre sur les portes des mondes d’en haut et d’en bas. Il est création et destruction. Il participe du Bien comme du Mal, tout dépend avec quel cœur on Le désire et quelle âme on décide de tremper dedans pour le servir. Toi, nouveau roi pêcheur, garde Le pour le temps qu’il te reste à vivre, IL te donnera le pouvoir après la mort.<br />
Et cet être infini souffle sur moi, doucement, m’enveloppant.<br />
<br />
La Coupe, la grotte, je suis à nouveau sous la montagne. Mon corps ne charrie plus de poison et mes plaies se sont refermées. Asmodée me regarde intensément. ? Ses yeux exorbités n’ont plus le pouvoir de me terroriser.<br />
- ES-TU l’ELU ?<br />
- Je suis l’Elu, répliquai-je calmement en touchant le pentacle sur ma poitrine, sans détacher mes yeux du Gardien cornu et griffu.<br />
A peine ai-je fini de prononcer ces mots, que le Seigneur des Enfers se dissout<br />
- J’ai réussi… J’ai réussi… J’ai vu les Mondes… J’ai approché l’Absolu… J’ai vaincu et dompter Asmodée.<br />
<br />
Je n’arrive pas à mesurer ce qui m’arrive. Avec crainte, je touche la Coupe , qui vibre. Jamais je n’oserai m’en servir. Le pouvoir illimité me fait peur.<br />
Je ne suis qu’un homme. Et j’entend au fond de moi les voix du Bien et du Mal, de l’Ombre et de la Lumière.<br />
<br />
<br />
I.N.R.I.<br />
In Necis Renascor Integer<br />
<br />
<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>le-dandy</dc:creator><dc:date>2007-06-14T20:36:11+01:00</dc:date></item><item><title>[kyrillos] The End</title><link>http://blog.kyrillos.gayattitude.com/20070613140837/the-end/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.kyrillos.gayattitude.com/20070613140837/the-end/</guid><description>---</description><content:encoded><![CDATA[---]]></content:encoded><dc:creator>kyrillos</dc:creator><dc:date>2007-06-13T14:08:37+01:00</dc:date></item></channel></rss>